Carmelo Rifici réinterprète l’Orestie d’Eschyle en lui redonnant son caractère originel, celui d’un traumatisme fondateur : non pas un récit antique, mais le seuil où l’humanité découvre que la violence ne s’élimine pas, mais s’organise. Une réflexion sur la fragilité de notre conception de la justice et sur ce que nous avons perdu lors du passage du monde archaïque au logos.
L'Orestie
Partie I : Mythos / Partie II : Logos
Eschyle / Carmelo Rifici
© Travelpix
© Tommaso Le Pera
Première mondiale
4 h
Le spectacle durera environ 4 heures (pause comprise) ; il a donc été divisé en deux parties : il est possible de les voir à la suite ou sur deux jours différents.
L'heure de début de la deuxième partie pourrait varier légèrement (le spectacle est en cours de mise en scène).
L'Orestie
Partie I : Mythos / Partie II : Logos
Eschyle / Carmelo Rifici
© Travelpix
© Tommaso Le Pera
Première mondiale
4 h
Le spectacle durera environ 4 heures (pause comprise) ; il a donc été divisé en deux parties : il est possible de les voir à la suite ou sur deux jours différents.
L'heure de début de la deuxième partie pourrait varier légèrement (le spectacle est en cours de mise en scène).
La nouvelle production du LAC, signée Carmelo Rifici, fait ses débuts en première mondiale. Le metteur en scène choisit d’explorer les origines de la démocratie occidentale à partir de la seule trilogie de la Grèce antique qui nous soit parvenue dans son intégralité : l’Orestie d’Eschyle, composée des tragédies Agamemnon, Les Choéphores et Les Euménides.
Au cœur de cette œuvre se trouve l’hypothèse selon laquelle la démocratie ne naît pas d’une volonté de paix, mais de la nécessité de réguler la violence inévitable ; la polis, la cité-État, n’est pas l’alternative à la barbarie de la guerre et de la vengeance, mais sa meilleure transformation. Cette pensée, déjà si claire chez Eschyle, jette un éclairage mélancolique sur notre propre conception de la démocratie. Sur scène s’affrontent deux mondes : les forces archaïques, cette sagesse polythéiste ancestrale qui incarne la mémoire sacrificielle, et l’abstraction du logos, sous l’égide d’un Dieu unique, qui tente de contenir – plutôt que de surmonter – le concept de vengeance. Le tribunal d’Athènes qui acquitte Oreste du crime de matricide, grâce aux stratégies oratoires et envoûtantes d’Athéna, née de l’esprit de Zeus, montre comment, à la lumière de l’histoire contemporaine, l’homme moderne est le résultat d’un compromis fragile et dangereux, constamment menacé par les événements, et non le fruit de la sagesse humaine.
Partie I / Mythos
Elle s’ouvre sur l’Agamemnon et
se termine par la première complainte du chœur des Coéphores. Il s’agit de décrypter, dans l’histoire du meurtre d’Agamemnon et de Cassandre par Clytemnestre et Égisthe, et dans la reconnaissance par Électre de son frère Oreste comme seul vengeur, porteur de justice, un traumatisme fondateur de la civilisation occidentale. Dans ce monde, composé principalement de dieux des enfers, les morts ne meurent pas tant qu’ils n’ont pas été vengés. Ici, la violence est régie par la justice de la vengeance. C’est sur cette certitude que se construit le premier pilier de la société occidentale et c’est sur cette évidence que s’achève la première partie de la tragédie.
Partie II / Logos
Elle commence par Oreste et Pylade et leur destin de meurtriers de Clytemnestre ; elle s’ouvre sur le matricide et se termine par le tribunal d’Athènes, où le procès intenté contre Oreste aboutit à son acquittement, grâce à l’intercession d’Apollon, mais surtout à la stratégie d’Athéna. On quitte les rives du mythe pour entrer dans le domaine de l’histoire de l’homme ; l’acquittement d’Oreste consacre la naissance de la démocratie occidentale, dont le premier pilier repose sur l’assassinat d’une Grande Mère. La démocratie ne naît pas de la paix, mais d’une violence régulée : la polis n’élimine pas la barbarie, elle la transforme. Le logos ne résout pas, mais il contient la force archaïque.
Orestea
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par
Eschyle
traduction
Riccardo Favaro
dramaturgie, adaptation et mise en scène
Carmelo Rifici
avec (par ordre alphabétique)
Fausto Cabra, Alfonso De Vreese, Igor Horvat, Stefano Iagulli, Giusi Merli, Valeria Milillo, Francesca Osso, Valentina Picello, Monica Piseddu, Roberta Ricciardi, Anahì Traversi
scènes
Daniele Spanò
costumes
Margherita Baldoni
conception lumière
Marzio Picchetti
musique
Federica Furlani, Zeno Gabaglio
conception sonore
Andrea Gianessi
assistant réalisateur
Ugo Fiore
décors et accessoires
réalisées par l’atelier « Bruno Colombo et Leonardo Richelli » du Piccolo Teatro de Milan – Théâtre d’Europe
accessoires et effets spéciaux
réalisés par Valeria Desa
costumes
réalisés au Laboratoire de couture du Piccolo Teatro de Milan – Théâtre d’Europe
régisseur et chef machiniste
Stefano Orsini
sonorisation
Andrea Gianessi
conducteur de train
Andrea Chianese
électricien
Alessandro Di Fraia
accessoiriste
Benedetta Monetti
costumière de théâtre
Eleonora Terzi
production
LAC Lugano Art et Culture
en coproduction avec
TPE - Teatro Piemonte Europa, La Fabbrica dell’attore – Teatro Vascello, Piccolo Teatro de Milan – Teatro d’Europa, Théâtre national de Rijeka – HNK Ivana pl. Zajca u Rijeci