L'extase du combat

Carlotta Viscovo / Angela Dematté

1h

Teatrostudio

25.-

Ven. 04.12

20:00

Sam. 05.12

20:00

Première mondiale

11.10.2024

LAC, Lugano

Tournée

04–05.12.2026

Sala LAC - LAC Lugano

16–19.04.2026

Teatro di Villa Torlonia – Roma, Italia

06.12.2025

Festival Eccellenza al Femminile, Sala Mercato – Genova, Italia

04.12.2025

Auditorium Leone Trabucchi – Castione (SO), Italia

25.11.2025

Teatro Giuditta Pasta – Saronno, Italia

15.04.2025

Teatro Testori, Forlì

11–12.02.2025

Teatro Fontana, Milano

L'extase du combat

Carlotta Viscovo / Angela Dematté

1h

Teatrostudio

25.-

Ven. 04.12

20:00

Sam. 05.12

20:00

Première mondiale

11.10.2024

LAC, Lugano

Tournée

04–05.12.2026

Sala LAC - LAC Lugano

16–19.04.2026

Teatro di Villa Torlonia – Roma, Italia

06.12.2025

Festival Eccellenza al Femminile, Sala Mercato – Genova, Italia

04.12.2025

Auditorium Leone Trabucchi – Castione (SO), Italia

25.11.2025

Teatro Giuditta Pasta – Saronno, Italia

15.04.2025

Teatro Testori, Forlì

11–12.02.2025

Teatro Fontana, Milano

Écrit par Angela Dematté, *L’extase de la lutte* est un projet très intime et personnel de Carlotta Viscovo, actrice turinoise qui a été pendant des années la porte-parole des travailleurs et travailleuses du spectacle, et dont la vie fait écho à celle de la sculptrice française Camille Claudel. Deux artistes qui ne parviennent pas à concilier deux choses : l’ambition liée à leur art et leur quête de vérité et de justice.

Sur scène, un corps qui se transforme en sculpture et qui dialogue avec la sculpture.
Derrière et aux côtés de celui-ci, les mots et les images concrètes et quotidiennes, logiques et fortes d’une vie présente et passée, celle de Carlotta et de ses luttes syndicales.
Un personnage qui traverse Carlotta et Camille. Un personnage qui explore la relation entre le corps et la protestation, entre la dimension intime et le rôle politique de l’artiste, entre l’art et le marché, l’ambition et l’autosabotage.
La parole en tant qu’instrument de lutte ne suffit pas, il faut revenir au corps, le faire vibrer dans toute sa puissance, pour atteindre l’extase.

Je ne parviens pas à trouver les raisons qui expliquent mon lien profond avec l’artiste Camille Claudel. Elle habite en moi depuis 2004, depuis que j’ai vu ses œuvres à Paris. Depuis lors, j’ai souhaité raconter son histoire pour la libérer de son rôle de victime paranoïaque et d’amante abandonnée, et ainsi rendre hommage à son œuvre. Mais dès que j’essayais de m’y atteler, j’avais l’impression de perdre ma lucidité, j’en souffrais et je ne parvenais pas à continuer. Pendant ce temps, elle restait en moi, m’accompagnait en silence, je m’imprégnais d’elle.
J’ai été pendant quatre ans et demi coordinatrice nationale de la section des comédiens de la SLC CGIL (Syndicat des travailleurs de la communication). J’ai accepté cette fonction parce que je ressentais le besoin de faire quelque chose pour défendre mon métier, en m’exposant publiquement. La conséquence concrète a été un sentiment d’exclusion, d’isolement, de persécution. Le choix de prêter mon nom à ce rôle m’a complètement identifiée à celui-ci, me donnant l’impression d’être enfermée dans quelque chose d’obsessionnel dont il me semblait impossible de me libérer. Lorenzo Ponte et Margherita Orsini, deux jeunes réalisateurs, ont filmé des heures et des heures de ma vie quotidienne, à l’époque où j’étais en train d’abandonner mon rôle de coordinatrice du syndicat. C’est tout le matériel à partir duquel Angela et moi sommes parties.
Nous percevions des échos entre ma vie et celle de Claudel. En explorant ces images, en essayant de les superposer à la sculpture, aux lieux de la vie de Camille, à mon corps qui vibre et tente de redonner un sens, nous avons construit la dramaturgie. Nous explorons la relation entre le corps et la protestation, entre la dimension intime et le rôle politique de l’artiste, entre l’art et le marché, l’ambition et l’autosabotage.
La démarche formelle consistera à mettre en scène la sculpture de mon corps. Parallèlement à cela, les mots et les images concrètes, logiques et fortes d’une vie présente et passée, la mienne et celle, tumultueuse, de Camille, s’alternent dans la vidéo et dans le texte.
Camille et Carlotta ne parviennent pas à concilier les choses : leur expression créative, leur ambition de se faire une place et leur soif de justice, de vérité.
L’erreur a été de penser qu’il fallait séparer ma protestation de la scène, alors qu’il faut au contraire intégrer la protestation à l’Art, en l’incarnant.

Carlotta Viscovo est venue me voir il y a plus de deux ans, alors que nous sortions de cette période de pandémie qui nous avait anéantis, elle et nous, et qui l’avait vue passer des heures en visioconférences interminables, en tant que représentante de la catégorie des actrices et acteurs au sein du syndicat. Elle est venue me voir pour me demander de travailler ensemble sur Camille Claudel.
Claudel est une figure qui a marqué de très nombreuses femmes.
Elle m’avait moi aussi intéressée, vers l’âge de 20 ans, guidée par l’imaginaire d’un autre, Auguste Rodin, maître et amant de la sculptrice. L’histoire de celle qui, dans sa tentative d’émancipation, succombe au Système et à la notoriété du maître, semble être un rôle magnétique et, au fond, clair et réconfortant. Mais en lisant les lettres de la sculptrice, on découvre quelque chose de différent.
Je me souviens bien de la déception qui m’a envahie dès l’âge de 20 ans – au fur et à mesure que j’avançais dans la lecture des lettres – en voyant ses revendications d’artiste glisser d’une exigence juste et importante vers une paranoïa écœurante.
La proposition de Carlotta m’intéressait beaucoup ; je tenais surtout à comprendre ce qui rendait si difficile, et en même temps si nécessaire, de travailler sur cette sculptrice. Nous avons beaucoup discuté. L’intuition concernant la dramaturgie s’est imposée clairement au cours de longues réflexions menées lors de la première résidence avec Carlotta et Alessandra Cristiani : nous devions construire un dispositif théâtral qui nous permette de traverser cette obsession de Claudel, pour nous en libérer. Pour être efficace, ce « franchissement » impliquait une confrontation avec la condition de l’artiste aujourd’hui et, surtout, avec ses besoins concrets (économiques) et intimes (besoin de reconnaissance).
C’est ainsi qu’a commencé l’élaboration d’un texte dans lequel Carlotta pourrait s’exprimer à travers Camille et Camille à travers Carlotta : une nouvelle Cassandre qui sait qu’elle ne plaît pas parce qu’elle voit des injustices et des vérités que les autres ne voient pas. Mais ce n’est qu’en parlant qu’elle parvient à exister et, par conséquent, elle parle, mêlant vérités et peurs, construisant ainsi sa propre destruction et s’enfermant tragiquement dans le rôle qu’elle aimerait abandonner. Nous avons ensuite demandé à Alice Sinigaglia, avec sa jeune lucidité, de nous aider à observer ce magma obsessionnel dans lequel nous voulions plonger le public. Il nous était désormais impossible, après cette longue immersion, de comprendre si l’ironie et la tragédie du personnage que nous étions en train de créer correspondaient bien à ce que nous recherchions. Avec toute l’équipe, nous cherchons, jusqu’au bout, à construire un dispositif dans lequel la vérité puisse se révéler à travers la paranoïa, en nous imposant de décider si nous avons le courage de la suivre. Surtout, nous voulons que la paranoïa soit enfin contrainte de se révéler et puisse ainsi être anéantie, démasquée par la vérité. La vérité qui, en fin de compte, est le corps de l’artiste, désarmé, qui rit de ses peurs et des nôtres, soucieux uniquement de bien faire son travail. 

Camille Claudel
Elle naît en 1864 à Fère-en-Tardenois. Aînée de la fratrie, elle est suivie par Louise et Paul, écrivain.
Sa mère, fille du médecin du village, est décrite par Paul comme une femme froide. Son père, percepteur d'impôts, approuve et soutient les aspirations artistiques de ses enfants. C'est pour cette raison que la famille s'installe à Paris.
Camille rencontre Rodin en 1884 ; une profonde complicité artistique naît entre eux. Rodin oscille entre sa passion pour elle et celle qu’il éprouve pour Rose Beuret, qu’il ne quittera jamais et qu’il épousera en 1917. Dans ce tourbillon de sentiments, Camille réalise des chefs-d’œuvre absolus : Sakountala , La Valse , Clotho , L’Âge mûr
Pour Camille, la sculpture est tout : ses lettres et les souvenirs de ceux qui l’ont connue en témoignent. Lorsqu’elle a de l’argent, elle le dépense pour acheter les matières premières et pour payer les modèles et les fondeurs. 
La rupture avec Rodin laisse une marque indélébile. Camille a 20 ans lorsqu’elle le rencontre ; à 33 ans, elle se retrouve seule face à un monde hostile envers une femme qui, en plus d’exercer un métier d’homme, a entretenu une relation libre avec un homme bien plus âgé qu’elle. Camille commence à se négliger et à se sentir persécutée ; elle s’enferme chez elle et ne sort que la nuit. Sa mère et son frère la font interner dans un asile psychiatrique le 10 mars 1913, une semaine après la mort de son père. 
Rodin soutiendra toujours Camille ; même lorsqu’elle sera internée, il ne manquera pas de lui apporter une aide financière et voudra consacrer une salle à ses œuvres dans sa maison-musée.
Lorsque Camille meurt en 1943, personne n’assiste à ses funérailles.

Carlotta Viscovo
Elle est née en 1977 à Turin. Aînée de la famille, elle a une sœur cadette, Serena, responsable des ventes et du marketing.
Sa mère, l’une des premières femmes à être devenue professeure de tennis en Italie, dirige un centre sportif à Turin. Son père est juriste dans une banque. Ils lui transmettent un sens aigu de la rigueur et de la justice. 
Après avoir échoué dans sa tentative de devenir joueuse de tennis professionnelle, elle fait preuve, dès l’adolescence, d’un talent d’actrice ; son père est donc contraint d’accepter son choix de fréquenter l’École du Théâtre Stabile de Turin, où elle obtient son diplôme en 2000. Elle participe à la deuxième édition du Projet Thierry Salmon , dirigé par Rodrigo García, et se forme auprès de maîtres tels que Danio Manfredini, Raffaella Giordano, Claude Coldy, Bruno De Franceschi, Valerio Binasco, Antonio Latella, Andriy Zholdak, Armando Punzo et Theodoros Terzopoulos. En 2000, elle commence à côtoyer de nombreux maîtres : Luca Ronconi, Massimo Castri, Cesare Lievi, Valter Malosti, Andrea De Rosa, Carmelo Rifici, Mauro Avogadro, Massimo Popolizio, Emma Dante, Monica Conti, Alvis Hermanis, Christine Marnas, Jean-Christophe Saïs, Dominique Pitoiset, Mamadou Dioume.
Pour Carlotta, le théâtre est tout : ses journaux intimes, qu’elle conserve chez elle, en témoignent. Si elle a de l’argent, elle le consacre à la recherche et à la formation d’actrice.
Sa rencontre avec le syndicat laisse une empreinte indélébile. Elle participe à l’élaboration d’un projet de loi visant à améliorer les conditions et les délais de la création théâtrale, mais le syndicat décide de ne pas soutenir ce projet. Carlotta a 38 ans lorsqu’elle adhère au syndicat et, lorsqu’elle le quitte, en 2021, elle se sent exclue, isolée, persécutée à cause de son rôle syndical, auquel on l’identifie. Elle ne travaille pas pendant quatre ans.
Elle n’a jamais cessé de vouloir mener à bien le projet d’un spectacle sur Camille Claudel.
À partir de 2022, elle reprend le travail dans les spectacles *L’ultimo animale* de Caterina Filograno, *La pulce nell’orecchio* de Carmelo Rifici et *Demoni* de Claudio Autelli.

projet de et avec

Carlotta Viscovo 

dramaturgie

Angela Dematté  

surveillance des mouvements

Alessandra Cristiani 

dramaturge

Alice Sinigaglia 

conception lumière

Luigi Biondi 

musique et conception sonore

Marco Mantovani 

contrôle des mœurs

Margherita Baldoni 

installation scénographique/sculpturale

Ettore Greco 

assistant du sculpteur

Anna Velludo 

artiste vidéo

Ivonne Capece 

archives vidéo biographiques

Lorenzo Ponte, Margherita Orsini 

production

LAC Lugano Arte e Cultura, TrentoSpettacoli, Elsinor Centre de production théâtrale

avec le soutien de

« Ici et Maintenant » – Résidence théâtrale, Résidence Campsirago, Festival « Le Jardin des Hespérides »

Correspondance de Camille Claudel, sous la direction d’Anne Rivière et Bruno Gaudichon, éd. Abscondita

Camille Claudel d’Anna Maria Panzera, éd. L’Asino d’oro

Ma sœur Camille de Paul Claudel, éd. Felici

Une femme nommée Camille Claudel, par Anne Delbée, éd. TEA

Camille Claudel. Sa vie, par Odile Ayral-Clause, éd. Castelvecchi

L’art d’August Rodin, éd. Abscondita 

La leçon de l’Antiquité d’August Rodin, éd. Abscondita

La disparition de l’art, de Jean Baudrillard, éd. Abscondita

Camille Claudel et Paul Claudel : le rêve et la vie, éd. Lienart

Le retour de Dionysos de Theodoros Terzopoulos, éd. Cue Press

Autoportrait de Carla Lonzi, éd. La Tartaruga

Chiara Fumai – Exposition, éd. Arte

Voici la liste des sculptures et des portraits incarnés par Carlotta Viscovo au cours du spectacle :

1. Camille Claudel, Rêve au coin du feu  

2. Camille Claudel, La Joueuse de flûte 

3. Camille Claudel, L’implorante [à l’envers] 

4. Camille Claudel, La jeune fille à la gerbe 

5. Camille Claudel, Les Causeuses 

6. Camille Claudel, Pensée profonde 

7. Camille Claudel, L’implorante 

8. Camille Claudel, L’homme penché 

9. Camille Claudel, L’écume 

10. Camille Claudel, L’implorante [à l’envers] 

11. Auguste Rodin, La pensée 

12. Camille Claudel, L’aurore 

13. Auguste Rodin, La convalescente 

14. Auguste Rodin, L’adieu 

15. Auguste Rodin, La cathédrale 

16. Auguste Rodin, Tête de Camille Claudel [+ main]

17. Auguste Rodin, Femme accroupie 

18. Auguste Rodin, Le Baiser 

19. Camille Claudel, Clotho 

20. Camille Claudel, Sakountala 

21. Camille Claudel, La Vague 

22. Camille Claudel, L’Âge mûr 

23. Camille Claudel, Persée et la Gorgone 

24. Photo de Camille à l'asile

Festival « Il giardino delle Esperidi », Campsirago (BI)
, 29 juin 2024

Musée de sculpture - Fondation Salvatore Romano, Florence
, 6-7 septembre 2024

Atelier de Federico Seppi, Malgolo (TN)
26 janvier 2025

Fondation pour la promotion de l'art contemporain Alberto Peruzzo, Padoue
, 15 mai 2025

Musée municipal de sculpture Floriano Bodini, Gemonio (VA)
7 juin 2025

Hall du Convitto Palmieri, Lecce – Festival dei Luoghi
, le 23 juillet 2025

Espace muséal de la Fondation Institut de haute culture Orestiadi, Gibellina (TP)
26/07/2025